La communauté européenne en Tunisie a commencé à s’élargir à partir du début du XIXe siècle. Une grande partie de cette population s’est établie à Tunis, le reste est réparti dans les villes du Sahel et à Sfax. En 1870, le nombre des européens est estimé à 15.000. Certains immigrants occidentaux s’échappaient de leurs situations précaires, d’autres sont sollicités et invités par les locaux pour diverses missions politiques et commerciales.
« Ahmad Bey, en particulier, avait recruté en Italie des enseignants, des médecins et des cadres techniques nécessaires à la mise sur pied d’une armée moderne et d’une école militaire, tout en tolérant l’établissement, dans la régence de Tunis, de réfugiés politiques italiens. » Jerfel Kamel.
Vers la fin du XIXe siècle, la régence a connu un grand mouvement d’immigration en provenance de Sardaigne et de Sicile, qui comprenait des personnes fuyant la police et le service militaire.
À cette époque, la communauté européenne est composée principalement de Maltais, Italiens, Espagnols, Grecs, Britanniques et Français. Elle comptait des dignitaires et un grand nombre de prolétaires qui occupent des fonctions autonomes et travaillent pour les familles Tunisoises.
Les faubourgs chauds
Les Italiens et les Grecs exerçaient les métiers de pécheurs, artisans fromagers et de pâtes, cordonniers, maçons, menuisiers, horlogers, etc. Les épouses de prolétaires étaient domestiques et nourrices, notamment dans les familles beylicales. Les foyers d’européens les plus nécessiteux sont aidés par des congrégations de religieux, dont « Les sœurs de charité ».
Le quartier occidental de Tunis avait une mauvaise réputation et était particulièrement redouté par les commerçants. En effet, à cause de leur misère, les truands d’origine italienne et maltaise commettaient vols, braquages et tapages nocturnes. Les consulats ne parvenaient pas toujours à régler les problèmes de cette frange, ce qui amené la cours beylicale en 1857 à proposer la soumission des étrangers à la loi tunisienne, une proposition qui a été mal reçue et refusée par les consuls.
Références
Jean Ganiage, Les origines du protectorat français en Tunisie (1861-1881), Tunis, Maison tunisienne de l’édition, 1968.
Jerfel Kamel. Siciliens et Maltais en Tunisie aux XIXe et XXe siècles Le cas de la ville de Sousse, 2013.

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