Les productions des artistes européens qui ont visité ou habité la Tunisie pendant la période coloniale sont en majorité des cartes postales qui dépeignent les paysages et la culture du pays par la représentation et la sensibilité moderne. Bien qu’il fait partie de cette génération l’artiste hollandais Léo Nardus, né Leonardus Salomon (1868-1955), a laissé une œuvre qui se distingue par son introversion. Ses sujets dévoilent, en effet, un regard d’académicien centré sur son cercle proche et son quotidien tranquille.
C’est peut être une retraite prématurée et des cieux chauds et limpides que Nardus est surtout venu chercher en Tunisie et non pas particulièrement les images allochtones et bigarrées qui ont inspiré ses amis de l’École de Tunis. Cela ne veut pas dire que la terre dans laquelle il a rendu son dernier souffle n’a pas stimulé son pinceau.

Durant son séjour à la Marsa, une ville de la banlieue nord de Tunis, des valeurs claires et chaudes ont progressivement illuminé sa palette qui se caractérisait à ses débuts par des couleurs charbonnées. Quelques autres influences locales ont aussi enrichi l’iconographie de ses portraits et ses natures mortes.
Le vocabulaire intime de ses portraits
À l’exception de bédouines et de figures mauresques qui ont posé pour lui, dans sa Villa Léa-Flory, le peintre portraituraient ses connaissances proches. Marie Gendraud, la gouvernante de sa demeure à Bordeaux, figure parmi ses sujets les plus récurrents, notamment à Tunis. L’artiste a aussi peint sa voisine Chefika Ben Romdhane et sa sœur.
Il est vain de chercher dans son œuvre des signes du monde brillant auquel il a toujours appartenu tout en en contestant l’étroitesse. Sa peinture ignore en effet le monde extérieur, ne laissant aucune place pour une société vivant de joies artificielles.
Narriman El Kateb Ben Romdhane, Léo Nardus. Un peintre hollandais en Tunisie, Éditions Cérés, 1997.
Si tout objet d’art tire son existence de son créateur, l’œuvre de Nardus semble avoir un caractère autobiographique puisqu’elle indique les personnes qui ont croisé et marqué sa vie. L’artiste a t-il par ailleurs cherché à passer sous silence l’intimité et l’amitié qui le lie à ses sujet en captant leurs expressions neutres ?
À savoir : En 1939, ses portraits « Soldat d’Afrique » et « Vieille paysanne » ont été exposés dans le cadre du Salon Tunisien.

2 replies on “L’album de Nardus à la Villa Léa-Flory, la Marsa”
magnifiques portraits,et très beau blog. je reviendrai
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Merci beaucoup Miriam
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