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Capsules sur la Tunisie moderne

L’Institut de Carthage, l’européanisation des arts et des savoirs en Tunisie

Un bref aperçu historique sur l’Institut de Carthage (1893), la société de promotion de la culture européenne en Tunisie.

À l’époque coloniale, la culture intellectuelle française s’est installée en Tunisie à travers le système d’enseignement et les structures de recherches scientifiques, économiques, historiques, archéologiques et sociales, dont l’Institut de Carthage fut un organe prolifique.

Initialement nommé l’Association Tunisienne des Lettres, Sciences et Arts, l’Institut de Carthage, créée en 1893 par le médecin et historien d’origine lyonnaise Louis Bertholon, eut pour vocation de renforcer, soutenir et promouvoir le travail des intellectuels et des artistes européens installés en Tunisie. Selon l’essayiste Annie Krieger-Krynicki, la société avait aussi pour objectif « la centralisation de la documentation sur l’Afrique du Nord, à travers les sections artistique, musicale et de latinité ou celle des sciences morales et sociales. »

L’Institut compte parmi ses membres dirigeants, le poète Fernand Huard (refondateur), Candide Combet (président), l’officier de l’Instruction publique Louis Carton (vice-président d’honneur) ou encore, l’archéologue et conservateur du Musée de Carthage Alfred Louis Delattre (président d’honneur).

La diffusion des savoirs et des arts développés en Tunisie

À cette époque l’exploration culturelle de la Tunisie battait son plein. L’institut fût un des épicentres de l’orientalisme moderne et des recherches archéologiques.

« L’Institut de Carthage, qui avait pris l’initiative du Congrès de l’Association française à Tunis, avait organisé une excursion aux ruines de l’antique cité. Cette excursion fut favorisée par un temps superbe ; nous eûmes le privilège d’être conduits dans cette visite par les archéologues les plus compétents de la Tunisie, (…) Nous suivrons les indications de ces savants pour les renseignements que l’on possède actuellement sur Carthage d’après les fouilles les plus récentes qui ont été faites dans ses ruines, car nous ne saurions avoir de meilleurs guides », relate en 1897 Paul-Louis Ladame, médecin neurologue et philanthrope suisse.

Couverture d’un livret-catalogue édité par la section artistique de l’Institut de Carthage

La Section des Lettres de l’Institut a organisé sa première exposition artistique le 11 mai 1894 dans les locaux de l’Association ouvrière maltaise. Il s’agit du premier « Salon Tunisien » (1894- 1984), qui est une réplique des salons artistiques français et une invitation ouverte aux peintres orientalistes friands des thèmes exotiques, de nouveaux paysages et palettes de couleurs. L’Institut s’est donné en effet pour rôle de faciliter l’établissement des artistes de passage en Tunisie.

Couverture du volume 11 de la Revue Tunisienne

Cette première expérience a été présentée par « La Revue tunisienne », l’organe de l’Institut lancé en janvier 1894. Le bulletin, consacré aux travaux de recherches de l’Institut, a annoncé notamment dans le cadre du Salon Tunisien, la fondation de La Ligue de l’Enseignement, « une association purement littéraire et scientifique, dans laquelle se livreraient carrière toutes les manifestations intellectuelles », peut-on lire dans l’article Une exposition artistique à Tunis, paru dans le numéro 3, juillet 1894.  

Références

François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, KARTHALA Editions, p. 277-278.

Revue Tunisienne. Organe de l’Institut de Carthage, no 3, juillet 1894, p 328.

Ladame Paul. En Tunisie. Le Bardo, Carthage, Bizerte. Races historiques ; temps antiques et modernes. In: Le Globe. Revue genevoise de géographie, tome 36, 1897. pp. 151-170.

Annie Krieger-Krynicki, Louis Bertholon.

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