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Capsules sur la Tunisie moderne

Ce que nous racontent les stèles des cours royales

Les monuments funéraires des beys husseinites et des dignitaires Tunisois du XVIIIe et XIXe siècles jalonnent les lieux de cultes de la médina de Tunis. Leurs formes diffèrent des pierres tombales qui se trouvent dans les cimetières des communs des mortels. Signes distinctifs de la position sociale du défunt, ces tombeaux sont le fruit des influences architecturales de l’époque et les codes religieux ottomans.

Les derniers mausolées husseinites

La mosquée Saheb Ettabaa est le dernier grand complexe religieux bâti, entre 1808 et 1814 à Tunis, avant l’instauration du protectorat français. Avec ce monument s’achève la tradition de construire des mausolées destinés aux personnalités publiques et leurs proches.

Témoin des membres des familles beylicales, des ministres, des mamaliks et des odalisques qui ont servi les cours royales, le monument funéraire Tourbet El Bey représente un véritable musée des tombeaux. Situé au sud-ouest de la médina, dans une artère qui porte le même nom, Tourbet El Bey comporte 160 tombes parmi lesquelles les dernières demeures des souverains qui ont régné depuis l’époque d’Ali Bey (1782-1759) jusqu’à 1942.

Répartis sur huit grandes salles qui entourent la chambre centrale des rois, les tombes et les murs qui les encerclent retracent l’histoire des tendances stylistiques décoratives qui ont marqué l’architecture tunisienne depuis la fin du XVIIIe siècle. Les décors végétaux et animaliers qui ornent les tableaux de faïences et les parois chantournées en marbres des sarcophages sont inspirés des styles lyriques et géométriques orientaux et du baroque italien.

Tombeaux à Tourbet El Bey

Des stèles codées

Le visiteur de l’époque reconnait la salle réservée aux tombes des femmes par les parois orthogonales placées aux extrémités de la pierre tombale. La codification des tombaux des hommes est un peu plus complexe. La stèle, sous forme cylindrique allongée, est surplombée de chapeau dont la forme diffère en fonction de l’école religieuse du défunt. Ainsi, les tombes des hanafites sont identifiables grâce à la calotte sous forme de turban. Quand aux tombes des malékites, qui représentent la deuxième école sunnite adoptée dans la régence, sont couronnées par un volume semblable à la chéchia, un couvre-chef typiquement tunisien.

Référence :

باشراف الاستاذ خليفة الشاطر، تونس عبر التاريخ من العهد العربي الاسلامي الى حركات الاصلاح، الجزء الثاني،2005

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