Géographie de l’immensité, des poèmes et des proses d’ici

Au sud de la Tunisie, les portes du Sahara s’ouvrent sur un vide ondulé, dessiné par des dunes montagneuses aux bords vaporeux. Ils ne sont pas très loin l’un de l’autre, ces paysages de l’immensité. Les 1148 kilomètres de côtes méditerranéennes bordent le pays jusqu’au sud.

Les horizons lointains donnent le vertige aux solitaires, philosophes, poètes, amoureux et voyageurs attirés par les vagues du désert et celles du grand bleu. Les plumes notoires, imprégnées par ces images de l’infini, ont gravé des mots existentialistes et d’autres spirituels. Nous pensions qu’un assemblage de fragments de textes peut rendre compte du spectre d’émerveillement, de peur et de quiétude qui les ont engendré.

Extraits de poèmes et de nouvelles

Les textes suivants sont tirés d’œuvres de poètes et d’écrivains tunisiens sous l’effet des spectacles de la nature, qui, dans le désert ou la mer, font preuve de sa splendeur, de sa force et de son pouvoir de modeler les humeurs et les esprits.

Les rafales courent sur la face de la terre

Comme un chasseur poursuivant un serpent

Dans les sables du désert 

Elles tournoient comme un fou qui ne sait où aller

Peu importe s’il recule ou avance

Mustapha Khraïef, Désir et dégustation

« Nager, me dit-il encore c’est à la fois désirer la mer et en être désiré. » Il me l’enseigna si bien que je finis par comprendre comment la mer pouvait augmenter la force et le souffle et provoquer dans les membres une danse rythmée. Désormais nous plongions en même temps et voguions côte à côte.

Mahmoud Messadi, Récit de la sagesse

Un instant après, il me fit signe de grimper sur la dune ; arrivé là-haut, je vis sur la cime de l’autre dune qui nous faisait face du côté de l’orient deux silhouettes. C’était une dune si élevée que les deux silhouettes paraissaient reposer sur la face blanchâtre du ciel. « Regarde mais ne dis mot, me recommanda mon ami. » En s’efforçant de mieux voir, je finis par distinguer une jeune femme et un jeune homme nus comme Adam et Eve et couchés côte à côte en direction du levant. Le soleil, sur le point de surgir, mettait à feu l’horizon.

Mahmoud Messadi, Récit de la résurrection

 Mer ma brune aux cils serpents

Brune ma mer aux fils d’argent

Mer ma dune jardin pendant

Dune ma mer poisson volant

Mer ma lune prêtant le flanc

Lune la mer payant comptant

Mer éclairs d’amour oblong

Salah Garmadi, Avec ou sans

L’enseignement, vecteur du vivre ensemble en Tunisie au XIXe.s

En Tunisie, avant l’instauration du système d’enseignement français, coexistaient plusieurs structures religieuses et laïques au service de toutes les franges de la population. Cette situation favorisait le mélange et la cohabitation des communautés, de différentes origines et confessions.

À partir du début du XIXe siècles, les collèges laïques, les établissements d’enseignement primaire et secondaire dirigés par les congrégations catholiques, les collèges franco-arabes et les kuttab, écoles élémentaires pour les enfants musulmans, et les écoles des communautés juives, se sont peu à peu établis dans les grandes villes du pays.

L’Ecole des Soeurs de Nevers de Tunis, années 1950

Les congrégations des sœurs et des pères blancs français et les autres structures locales accueillaient notamment les italiens et les maltais et prenaient en considération les coutumes de toutes les religions. Par exemple, en 1878, les programmes de l’enseignement public de France ont été adaptés aux besoins de la communauté israélite. On a surtout souligné qu’à cette époque, les sœurs privilégiaient l’éducation des valeurs humaines, du respect et de la tolérance.

Ce melting-pot n’était pas si commun :

Alors qu’en Europe se pose de temps à autre la question du monopole de l’enseignement, notion chère aux États totalitaires, et que l’on en discute hors du terrain des principes et sans désintéressement, les uns cherchant des armes contre l’Église, les autres désirant conserver des pépinières pour générations hostiles aux idées libérales, ce problème à Tunis n’a jamais été posé sérieusement.

Le docteur et juriste Raoul Darmon

Qu’est ce qui a permis l’émergence de ce vivre-ensemble ?

Darmon explique que les beys ont toujours eu beaucoup d’estime pour les enseignants. « Les souverains marquaient leur considération envers les maitres, non seulement en leur assignant une place de choix aux cérémonies de la cour beylicale, mais au moyen de cadeaux somptueux, de donations d’immeubles ou de terrains avec la stipulation­ expresse qu’ils seraient affectés à l’enseignement », détaille t-il.

Dans son article « Cent années d’enseignement en Tunisie », Darmon précise à ce propos que les beys facilitaient aussi l’établissement des structures d’enseignement étrangères.

Référence

Raoul Darmon, Bulletin économique et social de la Tunisie. – Tunis : La Rapide, ZDB-ID 609481-8. – 1954, 88, p. 73-94

Comment les Tunisiens se divertissaient au siècle passé?

Les œuvres littéraires et visuelles qui racontent des histoires et décrivent des scènes de vie sont de précieux témoins des temps qui passent. Les peintures de l’École de Tunis nous confient que certaines habitudes ont la peau dure.

Nos grands parents et arrière grands parents se prélassaient eux-aussi dans les cafés et passaient leurs temps à jouer aux cartes. D’autres divertissements aux couleurs plus typiques avaient une place importante dans le quotidien. Sinon pourquoi a-t-on pensé à les immortaliser ?

Les hommes ont gardé l’habitude de jouer avec les faucons comme l’illustre cette peinture de Jalel Ben Abdallah.

La tradition du combat des moutons a regagné de l’intérêt à cause des tribunes qu’on lui a consacré dernièrement dans les médias.

Ali Bellagha, L’arrivée des moutons, Tunis, 1985

Qui a hérité d’une belle table de tavli en bois marqueté? Ce jeu, d’origine grecque, est très semblable au jacquet qui occupait les européens au XIXe siècle.

Des spectacles urbains influencés par la culture européenne se sont répandus dans les villes. Dans les fêtes, les échassiers et les acrobates côtoyaient les danseurs aux gargoulettes et boussadia.

Ali Bellagha, Les acrobates, 1953

Dans les cafés, les joueurs de oud animaient les après-midi estivales et les longues soirées de ramadan.

Référence

Dorra Bouzid, École de Tunis, Les éditions de la méditerranée, 1994.

1920 : Première présence féminine au Salon Tunisien

Parce que l’artisanat ne jouit pas de l’aura de l’art avec un grand A, les noms des artisanes et des artisans restent souvent dans l’ombre. Quand on parle de l’art du XXe siècle au féminin en Tunisie, c’est toujours l’œuvre de l’illustre Safia Farhat qui revient en devant de la scène. Orientons les projecteurs vers les mains de celles qui ont perpétué notre savoir faire.

Le Salon Tunisien, une initiative de l’Institut de Carthage, a organisé sa première exposition artistique en 1897. C’est à partir de sa deuxième édition que le Salon consacre un volet spécial aux productions artisanales locales.

Le livret-catalogue du deuxième Salon qui s’est tenu en 1912 indique la participation du premier artiste peintre Abdelwaheb Jilani (1890-1961), dit Beppo Abdelwhab alias Abdul, issu d’une famille noble tunisoise. Selon les documents de l’Institut, Abdul s’est exercé dans l’Atelier de l’orientaliste français Auguste-Émile Pinchart.

Notons que le portraitiste Ahmed Ben Osman (1848-1920) est considéré par ailleurs comme étant le premier peintre de chevalet tunisien.

Les « arabes » ont été aussi présents au Salon sous la catégorie exposition indigène qui rassemble les productions artisanales fabriquées dans les écoles d’apprentissages et les ateliers connus des grandes villes tunisiennes. Le premier nom d’une femme tunisienne a figuré sous cette catégorie dans la liste des exposants de la cinquième édition.

L’artisane Manoubia Ouartani

En 1920, les Ateliers de dentelles et de tapis des Services économiques indigènes ont présenté les travaux des apprenties réalisés sous la direction de Mlle Manoubia Ouartani. La collection a comporté des ouvrages tricotés à la machine par des ouvrières et des accessoires et des empiècements en dentelle (chebka) conçus par Mlle Ouartani. Bien que les sources françaises l’appellent dentelle arabe, la chebka est une technique typiquement tunisienne.

Les applications de cette dentelle sont multiples : elle sert à garnir le linge, les stores et les rideaux, à faire des encadrements de draps, des fonds de plateaux et milles petits ouvrages de fantaisie.

Les Sœurs-Missionnaires (Sœurs Blanches) de Notre-Dame d‘Afrique.

Références

Institut de Carthage, Section artistique, Salon Tunisien, Livret des exposants, Tunis, 1920.

Corinne Julien, Histoire de l’humanité, Volume 6, Paris, ONU, 2008, p. 586.

Les Sœurs-Missionnaires (Sœurs Blanches) de Notre-Dame d‘Afrique, Chebka. Dentelle arabe. Traité pratique, Collection « Sa Majesté le Coton » par le Musée Thiriez et Cartier Bresson,1926.

Les objets mystiques de Khaled Ben Slimane

L’œuvre de Khaled Ben Slimane est une glose d’anthropologie culturelle qui nous fait voyager jusqu’au pays du soleil levant.

En sillonnant le Japon à la découverte de nouvelles techniques de la céramique, l’artiste tunisien Khaled Ben Slimane (né à Sousse en 1951) a été tendrement subjugué par le rapport lointain entre les objets utiles et le spirituel. L’enseignement qu’il en tire empreint son œuvre à partir du début des années 1980.

J’avais surtout compris que la céramique n’est pas seulement une technique, la céramique est un moyen de communiquer avec les éléments, un moyen de célébrer la création, un lieu porteur d’émotions. Cette céramique là réunit en fait l’utile, l’esthétique et le spirituel. Ces huit mois passés au Japon entre 1982 et 1983 résonnent dans chaque bol que je crée.

Ben Slimane. 2004

D’un orient à un autre

Une passion engrène une autre. L’artiste retrouve sa fascination pour la calligraphie arabe qui inspire dès lors son langage graphique et les lignes de ses objets et ses sculptures géométriques. Bien plus que des ornements apposés sur les surfaces de ses céramiques, les mots sont des signes, des versets, du sens, des fragments de vers et de verbes de la cosmogonie soufi.

Les stèles funéraires, les vases, les assiettes et les pots reflètent désormais par leur verticalité et leur horizontalité la transcendance à laquelle l’artiste aspire et sa conscience spatiale enivrée. Ben Slimane peint, sculpte et apprivoise la terre tel un derviche. La répétition, le dévouement et l’exaltation du corps et de l’esprit guident son geste créateur.

Des objets pluriculturels

Invocation. 24 cm*11cm*6cm. 1986
Invocation,.10,5cm*41cm, 2000
Invocation. 25 cm, 1987
Ascension. 76cm*30cm*5cm, 2002

À savoir

  • Khaled Ben Slimane est diplômé en céramique de l’Institut Technologique d’Art, d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis en 1977, puis étudie à l’Escuela Massana de Barcelone
  • Il a été élu membre de l’Académie internationale de la céramique en 1990 à Genève

Référence

Marianne Catzaras, Céramique de Tunisie. Khaled Ben Slimane, Tunis, Simpact, 2004.

Des peintures tunisiennes qui bruissent

La peinture n’est pas muette.

L’imagerie bidimensionnelle anecdotique se veut souvent une invitation à écouter le son du réel, son intensité, son rythme, son équilibre et son chaos.

Le peintre italien Carlo Carrà, fondateur du Futurisme, va plus loin. Dans le manifeste du mouvement (1913), il spécule l’existence d’une surface de projection entre les bruits et les figures mentales :

Toute succession de sons, de bruits et d’odeurs imprègne l’esprit d’une arabesque de formes et de couleurs

Carrà

L’imagination et la sensibilité du récepteur peuvent l’amener à entendre un cri de colère étouffée derrière un coup de pinceau ou le rougeoiement d’une joue dans un refrain. Quand le subjectif s’y met l’interprétation galope. C’est pourquoi cet article s’intéresse aux figures qui réfèrent visiblement à des sons représentés dans quelques œuvres de peintres tunisiens. Un lecteur qui n’a pas visité notre pays, les entendra dans les descriptions suivantes.

Des peintures de l’École de Tunis

Nous sommes dans la salle tiède d’un bain maure pour homme sur une table de massage en marbre. Le masseur « taïab » est habile et discret. Qu’entendons-nous? Le craquement des os et les gémissements de soulagement, l’écoulement de l’eau dans la salle chaude par laquelle s’échappe la vapeur qui floute la peinture, ou encore les réclamations courtes et chuchotées des baigneurs.

L’œuvre suivante représente « boussadia », un danseur ambulant couverts d’accessoires sonores : c’est un spectacle burlesque et polyphonique qui nous attend au coin d’un souk ou d’un café, la musique endiablée du tambourin se mélange aux applaudissements, aux rires des enfants et aux chansons improvisées des passants.

Abdelaziz Gorgi (1928-2008). Boussadia, aquarelle, Tunis, 1949.

Les flots de thé ruissellent du bec de la théière en cuivre sur fond de conversations de passants et de chants d’hirondelles.

Les derniers moment de la cérémonie du mariage. Se mêlent aux youyous résonnants, les louanges au dieu et à son prophète Mohamed et les souhaits chantés avec ardeurs pour accompagner la mariée sortant de la maison de ses parents pour aller à sa nouvelle demeure conjugale.

Ammar Farhat. La mariée, huile sur toile, Tunis, 1946

Dans la solitude de la maisonnée, le silence est ponctué par le grincement de la fileuse et les coups secs des ciseaux.

Laïcisation de la Tunisie par l’enseignement français

La sécularisation de la Tunisie a fait un bout de chemin bien avant les réformes de la première république, grâce, en outre, aux activités d’assimilation de la Ligue française de l’enseignement.

En 1866, le pédagogue et homme politique français Jean Macé crée la Ligue de l’enseignement qui vise à affranchir l’enseignement de l’emprise de l’église catholique et à instaurer l’école gratuite et obligatoire en France.

La Ligue s’est donnée aussi pour mission de civiliser les indigènes des colonies françaises en promouvant une école publique étayée par les principes de la laïcité et ouverte à toutes les communautés qui vivent sur son territoire.

« Tout les enfants de la Tunisie à l’école laïque française » La ligue de l’enseignement en Tunisie, 1911

La fédération tunisienne de la Ligue a été fondée en 1901 par son premier président, le géomètre Victor Communaux et le résident général Stephen Pichon. Elle a impulsé la création des premières écoles franco-arabes en 1907.

À l’époque, les enfants des notables pouvaient accéder aux écoles françaises qui dispensent un enseignement général. Dans les écoles franco-arabes, les élèves recevaient un enseignement court en français avec une formation professionnelle. Quant aux filles, on a seulement accepté de leur donner une éducation ménagère.

Dans son livre « Un combat laïque en milieu colonial », Chokri Ben Fraj précise que la Ligue a propagé ses valeurs en engageant un discours unificateur et en œuvrant dans le scoutisme, les auberges de jeunesse et les colonies de vacances.

« La Ligue se singularisa par des conférences populaires sur la liberté, la tolérance, la solidarité, le progrès, visant au « rapprochement » des élites de toutes les communautés, afin de « faire comprendre la France par ceux qui nous entourent, notre langue, notre littérature, notre histoire (…) et éclairer les intelligences pour gagner leur cœur » (Henri Bec, 1905) », explique l’historien français Jean-Paul Scot.

Ces initiatives rentrent dans le cadre du travail social de la Ligue qui en plus de ses ambitions humaines universelles soutenait les efforts de la colonisation. Pour la Ligue, l’école publique est un vecteur de la loyauté pour la France et du vivre ensemble des différentes ethnies et groupes religieux.

Pour conclure, il convient de rappeler que la modernisation de l’enseignement en Tunisie a commencé avant l’implantation du système français et ce avec l’adoption à partir de 1840 « d’un enseignement militaire et un enseignement congréganiste de type européen. »

Références

Chokri Ben Fradj, Un combat laïque en milieu colonial, Paris, L’harmattan, 2004.

Scot Jean-Paul. Le combat laïque de la ligue de l’enseignement en Tunisie. In: Hommes et Migrations, n°1261, Mai-juin 2006.Accueillir autrement. pp. 157-162.

Sraieb Noureddine. L’idéologie de l’école en Tunisie coloniale (1881-1945). In: Revue du monde musulman et de la Méditerranée, n°68-69, 1993. Etats modernes, nationalismes et islamismes. pp. 239-254.

L’Institut de Carthage, l’européanisation des arts et des savoirs en Tunisie

À l’époque coloniale, la culture intellectuelle française s’est installée en Tunisie à travers le système d’enseignement et les structures de recherches scientifiques, économiques, historiques, archéologiques et sociales, dont l’Institut de Carthage fut un organe prolifique.

Initialement nommé l’Association Tunisienne des Lettres, Sciences et Arts, l’Institut de Carthage, créée en 1893 par le médecin et historien d’origine lyonnaise Louis Bertholon, eut pour vocation de renforcer, soutenir et promouvoir le travail des intellectuels et des artistes européens installés en Tunisie. Selon l’essayiste Annie Krieger-Krynicki, la société avait aussi pour objectif « la centralisation de la documentation sur l’Afrique du Nord, à travers les sections artistique, musicale et de latinité ou celle des sciences morales et sociales. »

L’Institut compte parmi ses membres dirigeants, le poète Fernand Huard (refondateur), Candide Combet (président), l’officier de l’Instruction publique Louis Carton (vice-président d’honneur) ou encore, l’archéologue et conservateur du Musée de Carthage Alfred Louis Delattre (président d’honneur).

La diffusion des savoirs et des arts développés en Tunisie

À cette époque l’exploration culturelle de la Tunisie battait son plein. L’institut fût un des épicentres de l’orientalisme moderne et des recherches archéologiques.

« L’Institut de Carthage, qui avait pris l’initiative du Congrès de l’Association française à Tunis, avait organisé une excursion aux ruines de l’antique cité. Cette excursion fut favorisée par un temps superbe ; nous eûmes le privilège d’être conduits dans cette visite par les archéologues les plus compétents de la Tunisie, (…) Nous suivrons les indications de ces savants pour les renseignements que l’on possède actuellement sur Carthage d’après les fouilles les plus récentes qui ont été faites dans ses ruines, car nous ne saurions avoir de meilleurs guides », relate en 1897 Paul-Louis Ladame, médecin neurologue et philanthrope suisse.

Couverture d’un livret-catalogue édité par la section artistique de l’Institut de Carthage

La Section des Lettres de l’Institut a organisé sa première exposition artistique le 11 mai 1894 dans les locaux de l’Association ouvrière maltaise. Il s’agit du premier « Salon Tunisien » (1894- 1984), qui est une réplique des salons artistiques français et une invitation ouverte aux peintres orientalistes friands des thèmes exotiques, de nouveaux paysages et palettes de couleurs. L’Institut s’est donné en effet pour rôle de faciliter l’établissement des artistes de passage en Tunisie.

Couverture du volume 11 de la Revue Tunisienne

Cette première expérience a été présentée par « La Revue tunisienne », l’organe de l’Institut lancé en janvier 1894. Le bulletin, consacré aux travaux de recherches de l’Institut, a annoncé notamment dans le cadre du Salon Tunisien, la fondation de La Ligue de l’Enseignement, « une association purement littéraire et scientifique, dans laquelle se livreraient carrière toutes les manifestations intellectuelles », peut-on lire dans l’article Une exposition artistique à Tunis, paru dans le numéro 3, juillet 1894.  

Références

François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, KARTHALA Editions, p. 277-278.

Revue Tunisienne. Organe de l’Institut de Carthage, no 3, juillet 1894, p 328.

Ladame Paul. En Tunisie. Le Bardo, Carthage, Bizerte. Races historiques ; temps antiques et modernes. In: Le Globe. Revue genevoise de géographie, tome 36, 1897. pp. 151-170.

Annie Krieger-Krynicki, Louis Bertholon.

CAPSULES SUR LA TUNISIE MODERNE

« Autour de Carthage les ondes immobiles resplendissaient, car la lune étalait sa lueur tout à la fois sur le golfe environné de montagnes et sur le lac de Tunis, où des phénicoptères parmi les bancs de sable formaient de longues lignes roses, tandis qu’au-delà, sous les catacombes, la grande lagune salée miroitait comme un morceau d’argent. »

— Gustave Flaubert.

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