Les émaux de Blel, la fusion des symboles

Habib Blel, c’est l’histoire d’une perle rare dans les arts du feu en Tunisie.

L’artiste Habib Blel n’a pas choisi un chemin facile. L’émaillage sur métal est un art délicat et difficile à maîtriser. Les embuches matérielles, rencontrées surtout au début de sa carrière, n’ont pourtant pas freiné sa pratique qui a fulguré dans la scène artistique à partir des années 1970. Cet art inédit en Tunisie lui a coûté sa vie. L’artiste décède en 2002 à cause d’un cancer aggravé par les produits chimiques qu’il manipule. Ironie du sort Blel, le bon vivant, aimait dans l’émail sa résistance au temps.

L’art ancien d’émaillage sur métal n’est pas très répandu en Tunisie, alors qu’en Algérie il est pratiqué dans le domaine de la joaillerie en argent. Blel a découvert cet artisanat en Suisse durant son hospitalisation suite à un accident de la route. Cette rencontre impromptue avec l’émaillage sur cuivre s’est transformée en véritable passion que l’artiste a forgé à Limoge, la ville de tous les émaux.

Demeurance des motifs et des signes

Le public et les critiques tunisiens ont appris ce tournant dans la pratique artistique de Blel lors de sa première exposition consacrée aux émaux qui s’est tenue à la galerie des arts en 1978.

L’artiste a commencé ce savoir-faire par la création de coffres, de bijoux, et aussi de miniatures qui pressentaient ses sujets de prédilection, soit, le portrait et le paysage. Lorsqu’il atteint l’apogée de son parcours, son répertoire iconographique reflète son amour pour la patrie, son intérêt pour les formes symboliques et son vocabulaire éclectique, comportant des personnages emblématiques de la culture occidentale.

Si l’artiste avait l’intension de constituer un alphabet, lui permettant de confiner des messages, son dernier tableau, intitulé «  Lettre à mon pays », semble exprimer sa fierté d’appartenir à une terre millénaire. Il s’agit d’une fresque composée comme un triptyque dont chaque partie raconte un épisode de l’histoire du pays avec la répétition du signe du Tanit, la déesse punique de la fertilité.

Lettre à mon pays, 160*140 cm

Mesurant 25 m2, le cuivre « synthétise toutes les techniques de l’émaillage que Blel avait mises en œuvre dans son parcours d’artiste. »

Référence 

Tahar Ayachi, Habib Blel. Rêves d’émail, Éditions Tunis Carthage, 2008.

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