Gorgi glisse des coquineries dans ses œuvres

Le nu féminin dans l’œuvre multiforme de Abdelaziz Gorgi apparait là ou on ne s’y attend pas.

On est au milieu du XXe siècle lorsque la carrière de Gorgi décolle avec des noms, tels, Ammar Farhat, Yahia Turki, Jellal Ben Abdallah, Ali Bellagha ou encore Pierre Boucherle, artistes de l’École de Tunis, qui ont contribué à ouvrir l’histoire de la culture tunisienne sur l’art occidental moderne.

L’artiste s’est démarqué par son langage graphique teinté d’humour et de fantaisies. À y regarder de plus près, on découvre une interprétation audacieuse et espiègle de la femme qui joue avec le voilement et le dévoilement du corps.

Les femmes et la médina de Tunis

Dans les œuvres de Gorgi, les silhouettes des humains et animaux sont rondes, déconstruites et traitées par des aplats et des contours décalés. Qu’elles soient peintes, sculptées ou tissées, ses compositions, sont des explosions de couleurs et de figures, découpées et superposées, formant une trame irrégulière de personnages aux habits typiques et modernes. Des personnages qui, tout comme les portes et les fenêtres, les vendeurs ambulants et les artistes de rue, témoignent de son attachement à sa médina de Tunis.

Des micro-récits ponctuent ses peintures. On y rencontre des grotesques qui réfèrent aux souvenirs de l’artiste. « Il n’hésite pas à placer près d’un joyeux luron à fez rouge, un poison qui … fume : C’est, explique-t-il, l’imagerie traditionnelle des personnages fantastiques. Pourquoi pas un poisson avec une cigarette ? Ça me rappelle dans les mariages de mon enfance les femmes scintillantes qui …fumaient ! »

Dans plusieurs gouaches et aquarelles, son désir et son imaginaire travaillent de concert dans la représentation des femmes. Ainsi, leurs seins transparaissent sous les boléros ou les voiles et leurs monts de vénus sont dessinés sous forme de main de Fatima ou sont cachés par la tête d’un homme sans corps. Cela ne veut pas dire que l’artiste s’autocensure. Bien au contraire, dans d’autres figures, Gorgi semble hyper-sexualiser la femme en rassemblant tous ses attributs sexuels dans un même plan. Et ce ne sont pas les seules coquineries qu’il glisse dans son œuvre. Le regardeur peut être interpellé par des postures érotiques insoupçonnées de femmes et d’hommes dont les figures sont mêlées à d’autres formes et touches de couleurs.

Détail de « Nuit de Ramadhan », Gouache, 34*57, Tunis, 1990-1991

Référence

Dorra Bouzid, École de Tunis, Les éditions de la méditerranée, 1994.

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