L’enseignement, vecteur du vivre ensemble en Tunisie au XIXe.s

En Tunisie, avant l’instauration du système d’enseignement français, coexistaient plusieurs structures religieuses et laïques au service de toutes les franges de la population. Cette situation favorisait le mélange et la cohabitation des communautés, de différentes origines et confessions.

À partir du début du XIXe siècles, les collèges laïques, les établissements d’enseignement primaire et secondaire dirigés par les congrégations catholiques, les collèges franco-arabes et les kuttab, écoles élémentaires pour les enfants musulmans, et les écoles des communautés juives, se sont peu à peu établis dans les grandes villes du pays.

L’Ecole des Soeurs de Nevers de Tunis, années 1950

Les congrégations des sœurs et des pères blancs français et les autres structures locales accueillaient notamment les italiens et les maltais et prenaient en considération les coutumes de toutes les religions. Par exemple, en 1878, les programmes de l’enseignement public de France ont été adaptés aux besoins de la communauté israélite. On a surtout souligné qu’à cette époque, les sœurs privilégiaient l’éducation des valeurs humaines, du respect et de la tolérance.

Ce melting-pot n’était pas si commun :

Alors qu’en Europe se pose de temps à autre la question du monopole de l’enseignement, notion chère aux États totalitaires, et que l’on en discute hors du terrain des principes et sans désintéressement, les uns cherchant des armes contre l’Église, les autres désirant conserver des pépinières pour générations hostiles aux idées libérales, ce problème à Tunis n’a jamais été posé sérieusement.

Le docteur et juriste Raoul Darmon

Qu’est ce qui a permis l’émergence de ce vivre-ensemble ?

Darmon explique que les beys ont toujours eu beaucoup d’estime pour les enseignants. « Les souverains marquaient leur considération envers les maitres, non seulement en leur assignant une place de choix aux cérémonies de la cour beylicale, mais au moyen de cadeaux somptueux, de donations d’immeubles ou de terrains avec la stipulation­ expresse qu’ils seraient affectés à l’enseignement », détaille t-il.

Dans son article « Cent années d’enseignement en Tunisie », Darmon précise à ce propos que les beys facilitaient aussi l’établissement des structures d’enseignement étrangères.

Référence

Raoul Darmon, Bulletin économique et social de la Tunisie. – Tunis : La Rapide, ZDB-ID 609481-8. – 1954, 88, p. 73-94

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